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2021-B-Mc 10, 1-12- dimanche de la 27e semaine ORDINAIRE- impossible et possible

Année B : dimanche de la 27e semaine ordinaire (litbo27d.21)

Mc 10, 1-12- l’impossible, nous ne l’atteignons jamais.

Comprenons bien. Ce passage de Marc est archi connu, archi cité avec celui de Matthieu, archi mal interprété par ceux pour qui les écrits évangéliques doivent être pris à la lettre. Un poète René Char dit merveilleusement la profondeur de ce passage : l’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne. Ce texte est une lanterne sur nos chemins. Il jette des mots devant nous pour qu’ils nous tirent en avant (Jean Sullivan)

La joie de l’amour, cette exhortation du pape François publiée à la suite des synodes de 2014 et 2015, jette le même regard avec des mots différents. Pour contrer une culture du provisoire, une culture qui jette et utilise, paie et détruit, exploite et presse, tant que cela sert, le pape appelle au discernement. Tout n’est pas blanc ou noir. Ceux qui attendaient des normes générales et légalistes ont été déçus. Le texte ne condamne aucune situation, mais appelle à un changement de regard : voir la personne avant la norme. Joie et amour sont les deux côtés d’un même chemin.

Aimer n’est pas et ne sera jamais un carcan étouffant, un poids écrasant. Aimer est et sera toujours une joie presque imprenable. Pourquoi ? Aujourd’hui la joie est une denrée rare parce que la joie, la vraie joie est le sacrement de l’inexistence de soi qui se dégage en filigrane de l'exhortation la joie de l'amour. Pour éviter que la joie soit malheureuse, il propose la joie de l’amour qui exige de s’aventurer sur un chemin aux antipodes de la recherche de soi. Ben Sirac, reconnu comme le sage dans la bible écrit : si tu prétends aimer le Seigneur, prépare-toi à l’épreuve (Si, 2.1).

Une femme dont on a découvert après sa mort son journal intime et dont la vie ne fut pas une marche dans un carrosse d’orée, écrit que pour elle aimer, c’est quand je n’existe plus, que j’existe. Elle ajoutait ces mots d'une grande lucidité : je suis dans un autre continent (Jeanne Schmitz-Rouly, 191-1979). Elle reprenait ce que Paul écrit : je vis, mais ne n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi (Gal. 2, 20).  

Ne réduisons pas ce passage de Marc et celui du pape François à un texte purement législatif. Ne le cadenassons pas dans un encadrement stérile et dans un langage dualiste de permis défendu. Le chemin de la joie de l’amour n’est pas tracé d’avance. Évitons de tomber dans l’immobilisme. Le rigorisme. Évitons aussi de réduire la vie ensemble, le vivre ensemble à une simple émotion qui risque de s’atténuer avec les années. Aimer sera toujours une décision plutôt qu’une émotion. C’est plus qu’un sentiment de bien-être.

Aimer exigera toujours ce que Paul mentionne aux Corinthiens (1 Co 1-13) : patience, un regard de bonté sur l’autre, un refus de rechercher uniquement ses propres intérêts, d’être envieux, de n’éprouver aucune rancune, une capacité de pardonner.

En refusant de déclarer ce qui est permis ou défendu, le pape dans la joie de l’amour semble nous dire : démerdons-nous avec la joie de l’amour, mais sachons que le monde en a besoin. Démerdons-nous parce que le chemin n'est pas tracé d'avance. Nous devons avoir l’odorat pour trouver de nouveaux chemins. Démerdons-nous pour être humain, pour devenir chaque jour un peu moins imparfait humain, c'est ça le coeur et le centre de la révolution Jésus. L’évangile n’est pas une réponse à nos questions. Il nous sert de lanterne. Il ne nous donne pas de bonnes réponses. La bonne nouvelle est un chemin qui nous tient en exode, toujours en marche.  

Aujourd’hui, notre société a besoin de notre manière de vivre en humain. Aimer est le chemin le moins fréquenté. L’Impossible nous ne l’atteignons jamais. Disons-le avec clarté, ceux qui n’atteignent pas cet impossible, ne sont pas automatiquement des exclus de la table eucharistique parce que l’eucharistie et je cite le pape François dans une note en bas de page (note n°351 du n°305), n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Il faut non pas exclure, mais inclure, car chacun a son cheminement avec Dieu.

Je termine par ces mots d’un psaume, ouvre mes yeux que je contemple les merveilles de ta loi. (Ps).    

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Date: 
Dimanche, 3 octobre, 2021

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