2026-A- Jn 10, 1-10- dimanche de la 4e semaine de PÂQUES. Jésus, une porte ?
Année A : dimanche de la 4e semaine de Pâques (litap04d.26)
Jn 10, 1-10 je suis la porte.
Je suis la porte. Ce n’est pas par de nombreuses années d’études que le Christ forme ses disciples. Sa pédagogie est simple, c’est une pédagogie de l’expérience : suivez-moi. Imitez-moi. Jésus est plus qu’un maître qui enseigne. Il est la porte de la vie ouvrant sur un vaste jardin joyeux et parfumé (sainte Catherine de Sienne). Personne ne s’est identifié ainsi dans l’histoire.
Et pour s’assurer que ses apôtres ont bien compris, il ajoute ce petit mot important : amen, ce que je vous dis est la vérité. Il ne suffit pas de savoir cela. Cette affirmation a du sens quand on passe par elle, sinon elle risque d’être une parole purement théorique.
Une question monte en moi, qu’est-ce qu’une porte ? Dans l’esprit de Jésus, la porte n’est pas une réalité physique. C’est un passage pour aller où ? Je suis venu pour que vous ayez la vie (v. 10). Dans nos esprits, la porte, pour entrer ou sortir, ouvre sur du nouveau, sur quelque chose qu’on n’a jamais vu ni expérimenté.
Première surprise. Franchir une porte, c’est changer de lieu, d’environnement, déménager, faire l’expérience de quelque chose de nouveau. Pour nous croyants, la première image qui nous vient est un appel à entrer dans l’intimité de Jésus, celle-là même qu’il expérimente avec son Père. Celle de rester étroitement unis à Lui (Jn 15, 1-8). Jésus, porte d’entrée qui engage à rechercher une grande fidélité à vivre comme lui. Il est la voie, la vérité et la vie (Jn 14, 6). La prière nous fait prendre cette porte incontournable.
Deuxième surprise. L’intimité avec Jésus nous pousse dehors. Jésus sort de sa prière pour vivre intensément avec les gens de la rue. Il passe d’une foi vécue dans le temple à une foi vécue dans la rue. La porte, c’est aussi pour sortir. On peut y entrer. On peut y sortir. Nous nous réjouissons de voir l’accroissement de nombreux baptême, nous voyons peu ceux qui prennent le risque de sortir annoncer une vie différente que celle centrée sur l’amour orgueilleux de soi, sur la soif de pouvoir et de gloire mondaine (Léon XV1, Guignée orientale 2026). Jésus n’envoie pas les gens au ciel. Il les envoie changer la mentalité du monde environnant. Les premiers chrétiens mettaient tout en commun. Ils n’avaient qu’un seul cœur et qu’une seule âme (Ac 2,42-47). Ne pas avoir les deux pieds sur terre, c’est ne pas bâtir le royaume dont parle constamment Jésus.
Jésus, porte de sortie pour regarder dehors l’avenir avec espérance et construire l’espérance de l’avenir (Léon XV1 à Angola). Porte de sortie pour aller aux périphéries là où sont toutes les misères (Pape François). Porte de sortie, un mot stimulant pour ne pas s’installer dans la médiocrité et changer tout en ne changeant rien (EG # 121). Les tenants de se replier sur ce qui a toujours été fait font beaucoup d’adeptes.
Troisième surprise. Jésus est un ouvreur de portes. Il conteste la fermeture de la culture reli-gieuse de son temps, offre un avenir aux gens malheureux, souffrants, enfermés par l’égoïsme. Il nous pousse vers l’étranger pour y semer un amour qui transforme les cœurs fermés. Il sort rejoindre la cité d’en bas (saint Augustin) pour y ensemencer un commandement nouveau. C’est notre mission.
En conclusion, ces mots du cardinal Barbarin me font du bien à entendre. Je ne m’occupe pas tellement de remplir les églises du diocèse de Lyon, parce que cela ne sert à rien. La première chose à faire, c’est de remplir les cœurs d’amour, et la source de cet amour est en Dieu. Jésus nous appelle chacun par nos noms, et il nous fait sortir (v.3). Sortons d’une mentalité défai-tiste et entrons dans un mouvement vers un Esprit Nouveau pour ouvrir les cœurs sur un pré d’herbe fraîche, semé de muguet et de branches de lilas.
