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2018-B-Jn 11, 45-57-samedi 5e semaine carême- quand on aime, on est libre

Année B : samedi de la 5e semaine du carême (litbc05s.18)

Jean 11, 45-57 : quand on aime, on est libre

Quel évangile vivons-nous ? Comment lisons-nous ce passage de Jean ? Il ne s’agit pas, cette semaine, de discourir sur Dieu, mais de prendre son chemin en démontrant notre passion pour chaque humain, chaque visage humain. Il vaut mieux mourir que de trahir cette passion. Six mots résument ce chemin évangélique : quand on aime, on est libre.

Oublier ces mots, c’est un risque d’amnésie, de perdre la mémoire du sens du chemin que prend Jésus. C’est tomber dans le déni pour en rejeter l’intolérable. C’est déclarer faire ce que je veux quand je le veux,  prioriser mon intérêt plutôt que l’intérêt de chaque humain. Ces six petits mots sont à reconquérir chaque jour.

Qu’il est facile de nous contenter d’admirer ce chemin.  Simplement méditer ce chemin sans le prendre risque de n’être que de l’auto complaisance. S’y engager est un travail qu’il faut resusciter chaque jour en nous. Ce chemin, faut-il le redire ou le dire parce qu’il n’est pas assez dit ou entendu, ne vient pas du ciel. Il prend naissance dans la profondeur du cœur humain, très humain de Jésus. Dieu, dit Maurice Bellet, c’est le plus humain de l’homme.  Et Jésus, visage visible de Dieu, a témoigné avec une rare profondeur ce qu’est un itinéraire authentiquement humain : donner sa vie. 

Ce qui anime Jésus en entrant à Jérusalem, c’est une passion, sa passion qui n’avait qu’un seul but, l’arrivée, peu importe le prix à payer, de ce qu’il appelait le royaume de son Père. Traduisons : l’avènement d’une terre sans mur, fraternelle, juste, respectueuse des autres, moins violente, pacifique. En prenant ce chemin de la passion, Jésus ensemence la germination qui se poursuit encore d’un monde de solidarité, sans frontières.

La seule passion de Jésus fut de libérer l’humain. Pour lui, personne ne peut être privé de dignité. Pour démontrer que chaque humain doit être traité comme une personne, il a accepté d’en payer le prix. Un sauveur vous est né. Cette semaine sainte nous propose de nous réapproprier ce programme audacieux et urgent de sauver l’humain. Programme pour notre temps et non pour un au-delà lointain. Ce chemin n’est pas pour gagner notre ciel, mais pour travailler à l’arrivée d’une terre neuve.

Nous prenons ce chemin qui ressuscite tant de monde autour de nous quand une perte entraîne un gain, un manque un plus être, un vide une plénitude, un silence une parole vive, une peine une vie plus profonde[1]. Saint Jean nous dit cela autrement. Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, puisque nous aimons nos frères. Qui n’aime pas demeure dans la mort (1 Jn 3,14). Être habillé en chrétien se paie souvent très cher. 

Il ne s’agit pas seulement de se remémorer ce chemin. Ce qu’a été Jésus, ce chemin qui l’a tué, est tellement inspirant, tellement profondément humain, que des hommes et des femmes s’en nourrissent dans leur engagement pour une société plus humaine, moins fracturée. Pour eux, cette manière de vivre n’a pas vieilli d’une ride depuis trois millénaires. Durant ces jours de la passion, portons dans nos prières ceux et celles qui œuvrent souvent au risque de leur vie, à remettre debout les estropiés du cœur, à accueillir, à protéger, à intégrer (pape François) les sans-pays. Oui, quand on aime, on est libre. 

Les jours que nous vivons invitent à un décapage de ce chemin-programme, à un recentrement sur ce chemin que le pape François présente dans des mots splendides, malgré notre lenteur à les réaliser : une église pauvre pour les pauvres. Il faut aller au bout de la logique de ce chemin : mourir à nos modes de bien-être, devenir des engagés à se revêtir de l’évangile. Cela est toujours crucifiant.

À votre contemplation : ce chemin dégage un surcroît d’humanité. Il n’appartient pas seulement aux croyants, mais à tout le monde. Jésus est à tout le monde, titre un livre de Gérard Bessière. Marie a pris ce chemin en contemplant Jésus. Il est le nôtre en ces jours saints. AMEN.  

 


[1] Yves Prigent, psychanalyste, cité par Jacques Musset dans Être chrétien dans la modernité, Éd. Golias, p. 141

 

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Date: 
Jeudi, 1 mars, 2018

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