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2017-A-Mt 23,1-13-mardi 2e semaine carême-louer plutôt que revendiquer

Année A : mardi de la 2eme semaine Carême (litac02m.17)
Matthieu  23,1-13 : louer plutôt que revendiquer
 
À celui qui veille sur sa conduite, je ferai voir le salut de Dieu (Ps 49).  Et l'auteur du psaume ajoute : qu'as-tu à réciter mes lois, à garder mon alliance à ta bouche, toi qui n'aimes pas les reproches et rejette loin de toi mes paroles.  Le psaume décrit que cette vie pleine et éternellement heureuse qu'il nomme salut, mot usé aujourd'hui, n'est pas dans la pratique d'une vie maquillage. D'une vie vécue sous analgésique (François). Dieu a horreur des sacrifices qui ne changent pas le cœur, mais accroît la fierté de bien pratiquer une religion «sans cœur». Tout le psaume appelle à vivre sans déguisement, sans être remarqués des gens, selon la parole de l'évangile.

Dans l'esprit du psaume, cette vie pleine est une vie d'Action de grâce. Ce qui plait à Dieu, c'est notre reconnaissance. La diplomatie du oui peut demeurer vide de sens si elle n'ouvre pas sur une cohérence entre le dire et le faire. La vie pleine, le salut, n'exige pas de s'habiller de phylactères ou de se couvrir de titres de gloire. Pour le psaume, il est dangereux de vivre sur le seul registre de la parole parce que c'est bâtir sur du sable. C'est demeurer dans la pure idée qui ne donne pas de fruits [et] qui [en] stérilise son dynamisme (EG # 233).    Vivre sa vie seulement sur ce registre, c'est vivre comme dans une pièce de théâtre où le maquillage et le déguisement sont omniprésents.    

Nous retrouvons ce même message au début du livre d'Isaïe.  L'auteur profile une vision de ce qui n'est pas encore et qui deviendra clair à la fin (Ha 2, 3) : l'apparition du Fils de Dieu dans la chair, dans les cœurs et dans la gloire.  Écoutez la parole du Seigneur, dit-il, cessons de nous revêtir de rouge écarlate (modèle paraître), et devenons à l'image du fils de l'homme, aussi blanc que neige (modèle être). Dans les mots d'aujourd'hui, ça signifie : cessons de nous habiller de prestige et de gloire. Cessons d'agir pour nous faire remarquer des gens. 

Ce qui se détache de l'évangile, c'est un Jésus qui ne se nourrit pas de nos sacrifices. Il n'a pas faim de nos vaines gloires. Ce qui éblouit Jésus n'est pas de nous voir accomplir des gestes spectaculaires ou de porter des vêtements dispendieux. C'est notre émerveillement devant ce qu'il fait pour nous, devant sa compassion. Quand nous prenons le temps de reconnaître dans nos petits gestes d'entraide que c'est à moi que vous le faites (Mt 25, 40), cela devient à ses yeux un sacrifice de louange. 

Thérèse de Lisieux a merveilleusement appuyé toute sa spiritualité non en posant des actions éclatantes, mais dans l'Action de grâce. Offrez à Dieu le sacrifice d'Action de grâces. Voilà qui résume tout ce que Jésus vient d'exprimer aux scribes et pharisiens qui enseignaient dans la chaire de Moïse. Jésus n'a pas besoin de nos bonnes œuvres; il a seulement soif d'un peu d'eau (cf. Jn 4, 7), d'un peu de reconnaissance pour désaltérer sa grande soif de nous. Vivons un carême axé sur l'action de grâce en laissant plus de place à Dieu dans nos cœurs plutôt qu'en investissant sur le paraître.

Ce refus de ce chemin tout extérieur dont parlent autant la lecture, le psaume que l'évangile, Paul le nomme l'amour de l'argent.  Nous en débarrasser nous donne bien des maux de tête. Ce même apôtre nous dit que certains ont une telle envie de se montrer, de faire valoir leurs titres qu’ils se sont égarés loin de la foi et se sont infligé bien des tourments (cf. 1 Tm 6, 7-10). Depuis Pâques, la seule manière de vivre qui fascine autant Jésus que notre monde, c'est de découvrir avec émerveillement que Dieu se cache dans les petites choses, les choses les plus simples.

Questions pour notre carême : en nous, n’y a-t-il pas un peu de cette attitude pharisaïque qui a tellement fait rouspéter Jésus ?  Comment puis-je espérer que Dieu fasse en moi de grandes choses si je ne crois pas dans la petitesse que je suis, s'interroge Jean Chrysostome, docteur de l'Église au IVe siècle ?

Puisque sans toi l'homme s'égare, disait l'oraison d'ouverture, soutiens-le pour qu'il se détourne du mal et se dirige vers le salut. AMEN.
 

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Date: 
mars, 2017

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