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50 ans de solidarité, de justice, de compassion et d'action

Date: 
Lundi, 24 avril, 2017 - 10:45

AECQ - Message du 1er mai

 

L’année 2017 marque les 50 ans de   Développement et Paix, l’organisme catholique canadien de solidarité internationale. Pour son message du 1er mai 2017, le Conseil Église et Société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec veut souligner les réalisations de cet organisme membre de Caritas internationalis, une organisation catholique d’aide, de développement et de service social. Présente dans 200 pays et territoires, cette dernière travaille en faveur des pauvres et des opprimés, constituant l’un des plus vastes réseaux du monde parmi les organisations non gouvernementales (ONG). Développement et Paix a été fondé en 1967 par la Conférence des évêques catholiques du Canada, en réponse à la déclaration du Pape Paul VI, dans son encyclique Populorum Progressio, affirmant que le développement est le nouveau nom de la paix (no 76).

 

Au Canada, ce réseau de solidarité est financé par des collectes de fonds dans les paroisses, des dons individuels et des subventions gouvernementales. L’Assemblée des évêques catholiques du Québec veut réaffirmer son soutien à l’action de Développement et Paix. Cet organisme permet à notre Église de travailler concrètement au développement humain intégral par un engagement solidaire qui permet de faire grandir la justice et la paix dans notre monde. Que toutes les personnes qui ont forgé ce mouvement ainsi que leurs partenaires, au Canada comme ailleurs, soient remerciées pour leur contribution et leur courage. Plusieurs difficultés ont été surmontées, même à l’intérieur de l’Église, pour maintenir cette organisation et son œuvre. Nous réitérons aujourd’hui qu’elle représente pour les fidèles catholiques l’un des principaux moyens de nous engager en faveur du développement humain et de la solidarité envers les plus pauvres de nos frères et sœurs, avec qui nous partageons « la maison commune » (Pape François, Laudato si’, Lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune, 2015, nos 50-52).

 

Les causes soutenues par l’organisme Développement et Paix

 

L’action de Développement et Paix au Canada et dans le monde ne serait pas possible sans la force combinée de ses membres et de son personnel, de ses partenaires ici et à l’étranger, de ceux de l’Église catholique du Québec et du Canada qui, année après année depuis cinquante ans, agissent pour garantir la dignité de chaque enfant, de chaque femme et chaque homme, et pour bâtir un monde de justice. Dans le cadre de cet effort solidaire en faveur du développement et de la paix, plusieurs causes ont retenu l’attention au cours des cinquante dernières années. Parmi ces causes, on peut noter la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, la promotion des groupes locaux comme acteurs du développement, la défense des peuples autochtones, la réponse à la famine en Afrique, l’annulation de la dette des pays pauvres, les campagnes contre le pillage des ressources naturelles dans les pays du Sud, la reconstruction de régions ravagées par des séismes, la création de zones libres d’eau embouteillée au pays de la protection de la petite agriculture familiale. Cette année, le thème identifié pour le 50e anniversaire porte sur «Les femmes au cœur du changement».

 

Promouvoir le rôle des femmes

 

En effet, après un demi-siècle d’engagement pour la justice sociale, force est de constater qu’une partie importante de notre grande famille humaine n’a pas pu avancer et s’épanouir à la même hauteur. De nombreux groupes humains sont aux prises, encore aujourd’hui, avec de graves injustices et font face à une grande pénurie de moyens. Par le simple fait d’être nées femmes, plusieurs de nos sœurs ne vivent pas l’égalité des chances, ni dans leurs familles, ni dans leurs milieux de travail et encore moins dans la sphère publique. D’autres portions de la population, notamment les enfants, sont blessées par la malnutrition et la maladie ou par l’exploitation du travail. Des travailleuses et des travailleurs subissent des conditions indignes ou n’obtiennent pas un juste traitement. Des petits agriculteurs n’ont pas droit à la propriété ou sont exploités par la grande économie. Nous savons que tout cela ne correspond pas à la volonté de Dieu.

 

La promotion du rôle des femmes, dans plusieurs sociétés, a besoin de notre soutien pour se développer et vaincre les inégalités. Le thème privilégié cette année par Développement et Paix nous appelle à reconnaître l’injustice qui frappe les femmes dans plusieurs contextes, y compris parfois le nôtre. On observe encore trop souvent un écart entre les hommes et les femmes en ce qui concerne la rémunération de l’emploi, la conciliation famille-travail, le respect des droits civiques ou économiques. Les femmes permettent de saisir le monde en portant sur lui un regard différent. Leur parole contribue à développer une entraide mutuelle plus forte et une humanité plus créative pour construire une civilisation de l’amour.

 

Dans beaucoup de cultures, ce sont les femmes, mères et grand-mères, qui détiennent les histoires de leurs communautés et les transmettent aux générations plus jeunes. Leurs récits sont la source de savoirs, de traditions et de valeurs qui forment la conscience des plus jeunes et les préparent à assumer leurs responsabilités. Par leur courage, elles contribuent directement à des processus de paix dans le monde, elles s’assurent que la terre soit respectée et que la communauté soit nourrie. Au quotidien, les femmes contribuent à faire avancer la participation et la démocratie, en ayant le courage d’ajouter leurs voix à celles des autres personnes de bonne volonté, même au risque de leur vie. En cette année du cinquantième anniversaire de sa fondation, Développement et Paix veut reconnaitre et souligner le rôle des femmes pour faire avancer la cause de la justice dans le monde. Soulignons notamment l’apport incomparable des communautés religieuses féminines à la mise en œuvre de l’enseignement social de l’Église, par leur importante contribution ici et ailleurs dans le monde.

 

En Église, nous devons être convaincus de l’urgence d’offrir des espaces aux femmes dans la vie de l’Église et de les accueillir, en tenant compte des sensibilités culturelles et sociales spécifiques et nouvelles. Il est donc souhaitable qu’il existe une présence féminine plus ramifiée et incisive dans les communautés, de manière à ce que l’on puisse voir plus de femmes engagée dans les responsabilités pastorales, dans l’accompagnement de personnes, de familles et de groupes, ainsi que dans la réflexion théologique. (Discours du pape François aux participants à l’assemblée plénière du Conseil pontifical de la culture, 7 février 2015).

 

Être solidaire n’est pas facultatif

 

Dans un message publié en novembre 2016, le Conseil Église et Société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec invitait les croyants à réfléchir aux liens qui existent entre leur foi et leurs actions solidaires pour la justice. En raison de la destination universelle des biens et du fait que la terre est notre maison commune, un devoir d’entraide s’impose à chacune et chacun de nous. Il existe une obligation de solidarité sociale qui est essentielle au témoignage de l’Église et fait partie intégrante de l’évangélisation (Conseil Église et Société, Des solidarités à reconstituer et à reconstruire, no 2.5). Ainsi considéré, le devoir moral de porter assistance à d’autres personnes n’est pas une option : il n’appartient pas au domaine des gestes facultatifs dont on pourrait se détourner.

 

Nous nous souvenons que le Christ lui-même nous a fortement interpellés à prendre le temps d’écouter la misère humaine, de voir et reconnaître la souffrance des autres, d’être en contact avec des pauvres et des personnes blessées. Il attend de nous une réponse au cri des laissés-pour-compte, la valorisation de leur place dans nos plans d’action, notre prière pour les personnes et les causes négligées. Travailler à transformer la société et améliorer les conditions de vie de nos frères et sœurs fait partie intégrante de l’annonce de l’Évangile. Nous ne pouvons pas rester à distance des drames humains. Un organisme catholique comme Développement et Paix nous offre des voies concrètes pour travailler à la justice et à la paix sociale. Il nous aide à quitter notre confort pour nous éveiller aux besoins du monde et y répondre. Il stimule notre engagement aux côtés des pauvres de notre société et ceux d’ailleurs. Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. (…) La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. (Gaudium et Spes, paragraphe no 1, 7 décembre 1965)

 

Forts de tous ces engagements, nous continuons à porter l’espoir d’un monde plus juste et nous voulons poursuivre notre action solidaire pour le bâtir ensemble. 

 

Membres du Conseil Église et Société :



Mgr Pierre Morissette, président, évêque de Saint-Jérôme
Mgr Denis Grondin, archevêque de Rimouski
Mgr Claude Hamelin, évêque auxiliaire à Saint-Jean-Longueuil
Mgr Marc Pelchat, évêque auxiliaire à Québec
Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield
Mme Ariane Collin
Sr Élisa Fernandez, sfa
M. Norman Lévesque, directeur du Réseau des Églises vertes
M. Pierre Piché
Mme Louise Cormier, secrétaire

 


 

Une publication du conseil Église et Société
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